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Gustave Violet naît
à Thuir le 18 Juin 1873 et s’éteint à
Perpignan le 14 août 1952. Sa vie se déroula
presque toute en Catalogne, exception faîte des années
passées aux beaux-arts à Paris.
Pour Willy Mucha, <« dépeindre Violet, c’est
d’abord être conduit à le placer dans cette
position essentielle de géant, un être installé
par la naissance, la culture, les goûts, à un
croisement de montagnes, de vignes, de mer … L’art de
Violet est engendré et mûri autour d’une
présence très attentive, très fidèle
de l’âme catalane » .
Pour Gustave Violet, «
on ne comprend bien, on ne vit bien, on ne pénètre
bien, que la vie de sa terre » et il s’y employa
à la représenter à travers la sculpture, la
céramique, le théâtre … L’art de Violet est grave,
pudique, dépouillé.
Gustave Violet
s’installe dans le Conflent et c’est là que
J.S
Pons aime le rencontrer. Il l’évoque dans « Concert
d’été » : « Gustave Violet avait autrefois
établi sa maison au dessus d’une prairie. Toute blanche
avec son pigeonnier … On l’appelait St Marti … Il y
avait installé son atelier et ses fours à
céramique. C’est là que j’ai connu E. Terrus
… A St Marti encore j’ai rencontré Déodat de Severac.
Gustave Violet était l’animateur du groupe parce-que
tout lui était plus familier ou parce-que son art le
rapprochait davantage du modèle humain. Un
sculpteur parvient mieux à définir ce qu’il
aime, l’habitude de modeler des formes … Je m’étais
habitué à le considérer comme le sculpteur du
Conflent. » Certes Violet était sculpteur
mais aussi architecte, céramiste. Il travaille le fer, le
cuivre, il écrit …
La maison de Violet
à Prades reflète son état d’esprit : La
façade, les balcons, les chéneaux, les fontaines,
carrelages, cheminées, lustres … sont de sa main.
Maillol porte à cette même
villa catalane où Terrus à sa chambre, une
véritable vénération. « Le goût de fabriquer,
de décorer, il semble que tout le groupe de Codet
à Bausil, à Violet, à Montfreid, le
devait plus ou moins à l’exemple de Gauguin. Si
Gauguin est attiré par un art plutôt primitif , eux se
réclament de la tradition catalane. Leur groupe porte un
nom : « Les artistes roussillonnais ». Tous sont
catalans, sauf Montfreid qui l’est d’adoption.
En 1907, Terrus
amène Matisse chez G. Violet. En 1909, c’est
Manolo qui le rejoindra. Tous espèrent trouver un
point de chute en Catalogne. Ils arrivent de Paris et
d’ailleurs, « c’est ici qu’il faut vivre si
l’on veut créer ! », voilà leur credo. La
tradition autonomiste de la Catalogne, ne pouvait que
plaire à ces artistes, désireux de créer en toute
liberté. Vivre en Catalogne c’est apprendre à
exister sans s’occuper des modes. Violet et Terrus
à cette époque là servirent de lien entre
tous ces artistes qui pour la lumière, la couleur
ou l’esprit convergèrent vers la Méditerranée,
la Catalogne. La guerre brisa en partie le fantastique
élan créateur de Violet, il en revint affaibli et
douloureusement atteint par la perte de son ami, le « bon
maître », Louis Codet.
Enfin, G. Violet su renouveler, comme Maillol, un art
difficile, celui des monuments aux morts : Ils sont de
vrais mausolées à la douleur, sans théâtralité
… cette douleur muette des femmes méditerranéennes.
On rejoint une
dernière fois Willy Mucha, dans cette affirmation :
« Créer c’est survivre, et la puissance de G.
Violet à mes yeux, c’est qu’en dehors des modes
et des courants plastiques disparates, il existait hier et
qu’il existe aujourd’hui ».
2000.Visages de mon pays. Illustrations de Gustave Violet.
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